Voyage

En ce temps où on se rend enfin compte que le tourisme de masse est une nuisance, il est de mon devoir de faire ce petit texte pour mettre les pendules à l’heure. 

La Thaïlande ferme des plages et interdit de nombreux spots de plongée. Merci les pin-pins envahisseurs qui ne respectent rien.

Ce texte s’applique pour la Thaïlande car j’y vis et j’observe. Mais il peut facilement être extrapolé pour tous les autres pays ayant un quelconque intérêt touristique.

Je ne vais pas me faire des potes avec cette diatribe !

– Le pin-pin ne viens pas en Thaïlande, ne visite pas la Thaïlande. Il ‘’fait’’ la Thaïlande. Il ‘’fait’’ Phuket qu’il s’obstine à appeler ‘’Foukets’’. Il fait Kho Phi Phi ( qu’il persiste à appeler Kho Fi Fi) Il ‘’fait’’ Chiang Mai. Il ‘’fait’’ Kho Samui. Il ‘’fait’’ Pattaya. Il ‘’fait’’… Bravo le pin-pin !


– Le pin-pin ne sait même pas qu’il est en Thaïlande, il est vacances.


– Le pin-pin vient en Thaïlande, sur une île ou au bord d’une plage magnifique : eau claire et turquoise, sable fin, cocotiers et ne se baigne que s’il y a une piscine dans son hôtel.


– Le pin-pin vient pour ce qu’il est venu faire : J’ai connu un pin-pin majuscule qui passait un mois en Thaïlande chaque année. Et il ne connaissait de la Thaïlande que Dong Muang, l’aéroport de l’époque, le mini-van entre Dong Muang et Pattaya, Pattaya (rues chaudes, chambres d’hôtels, go-go bars, etc.), le mini-van entre Pattaya et Dong Muang et Dong Muang l’aéroport où il embarquait pour la France. Et à Pattaya, il ne connaissait que les rues où les bars à hôtesses’’ profusaient. 


– Le pin-pin aime la Thaïlande pour peu que ça soit comme dans son pays.

S’il loue un apparte ou une maison, la première chose qu’il achète à peine arrivé, c’est du papier ‘’Q’’ et des tartines de beurre. Il n’utilise surtout pas la douchette-à-cul, préférant étaler le reliquat de ses étrons sur ses fesses et dans sa raie culière que de la laver à l’eau fraîche. Beau sens de l’hygiène. 

‘’Ça mouille ! ‘’ m’a rétorqué une pin-pin confirmée


- Il ne comprend pas que pour les Thaïs, le petit déjeuner est un repas comme les autre Mais le matin il ne mangera jamais de riz frit au porc ou au poulet (kaho pad moo ou kaho pad kai), de riz avec du blanc de poulet cuit au bouillon ou à la vapeur (kaho man kai), de porridge de riz avec des boulettes de porc (jok moo), de soupe de nouilles avec quelques légumes et un peu de viande. Il ne sait même pas que ça existe ! 

Il ne boira jamais de café buran (traditionnel) café arabica à la chaussette, avec un fond de lait concentré pour le sucrer. Il veut un expresso, un café latté, un américano, un cappuccino.


– Le pin-pin n’est jamais prêt. Si on a le malheur de voyager avec lui, ben… on attend !


– Le pin-pin a toujours oublié quelque chose. Son smartphone, ses clefs, son anti-moustique, son fric, sa sacoche, sa femme même parfois (sic), etc. Si on a le malheur de voyager avec lui, ben… on attend !


– Le pin-pin à le chic pour fermer la porte de sa chambre en laissant la clef à l’intérieur. Si on a le malheur de voyager avec lui, ben… on attend !


– Le pin-pin au restaurant ne sait jamais ce qu’il va manger : - IL y a de la viande – Tu es sûr que c’est frais ? - Oh ! C’est du porc ! - Y’a pas d’oignons au moins… - Il n’y a pas d’arêtes ? - Ça pique ? - Oh ! T’as vu, y’a des hamburgers, des spaghettis, des pizzas, des french fried potatoes. Si on a le malheur de voyager avec lui, ben… on attend ! Ou alors : ‘’Jambon purée’’


– Le pin-pin a fait 12 000kilomètres pour manger comme chez lui. Oh ! T’as vu, y’a des hamburgers, des spaghettis, des pizzas, des french fried potatoes… Vraiment ça vaut le coup !


– Le pin-pin aime les animaux dans son pays, bien attachés et pomponnés. Mais il n’aime pas les chiens vagabonds dans les villes, sur les plages et auprès des temples où on les nourrit.

- Ils aboient ces saloperies de clébards !

- Et la caravane, la motorbike ou le saleng , (petite moto, genre grosse mobylette avec une sorte de side-car) passe.

Il faut savoir que les chiens, comme les moustiques et les méduses s’en prennent essentiellement aux gens qui les détestent, les méprisent ou en ont peur. Et de voir le pin-pin se promener, armé d’un bâton… le clebs, ça lui aiguise l’appétit et la nervosité.


– Le pin-pin sait que la Thaïlande est un pays tropical donc plutôt chaud. Mais il râle sans arrêt : - On est mal, il fait trop chaud. - Sinon t’as le Luxembourg où il ne fait pas trop chaud...


– Le pin-pin ne fait pas l’effort de s’entraîner progressivement à manger un peu pimenté, avant de venir (Un mois avant : acheter une bouteille de sauce au piment ou de tabasco : premier jour, une goutte ; second jour, deux gouttes ; troisième jour, trois gouttes … trentième jour ; 30 jours ; etc. ) et donc ne mange pas la cuisine piquante. 

C’est un goût qu’il se refuse à expérimenter et à longueur de commande on l’entend dire :

- Mai pèt (pas épicé) ! Certains, au bout d’un mois, (sic) ne savent même pas encore dire Sawat dee khrap (bonjour) ou Khop kung khrap (merci), mais seulement mai pèt

Ce sont ces même pin-pins, souvent d’Europe du Nord et du Nord-Est et des pays anglo-saxons qui ont détruit la gastronomie populaire française en banni les goûts piquants et amers (artichauts, pamplemousses, endives, etc.) et les fromages au lait cru. Les pin-pins français en voie de petit embourgeoisement, peu disposés à faire des efforts d’adaptation leur emboîtent le pas allègrement. 

De plus, terrorisés par les bactéries et autres microbes, ils ont imposé des normes draconiennes pour exiger en France une cuisine aseptisée, pasteurisée, édulcorée, lénifiée, bref complètement insipide, à l’image de la leur, que même par charité, on n’appellera pas gastronomie.

Et maintenant, ils essaient maintenant de tuer la gastronomie populaire thaïlandaise 

Pour faire un curry thaï ou un tum yam (soupe épicée au poulet, aux fruits de mer ou aux crevettes, parfois avec du lait de coco), il faut délayer une pâte composée de différents aromates et de piment pok poqués (pilés au mortier) ensemble. Pour que le plat soit moins piquant, il suffit de mettre moins de pâte, mais il aura aussi moins le goût des autres aromates pok poqués. Et donc plus beaucoup de saveur. 

Et les vrais et bons cuistots thaïs aiment faire de la cuisine qui a du goût. Un som tam, salade de papaye verte, est forcément un plat très piquant. Les Thaïs ne comprennent pas qu’on le demande sans piment. C’est un peu comme si, en France, on commandait un Coq au Riesling ou au Chambertin sans vin.

Mais certains cuisiniers s’adaptent et font de la cuisine peu piquante. 

Et pour ce genre de pin-pins, c’est encore trop fort. Et ils râlent encore. Et de plus en plus les cuistots thaïs qui ne savent donc plus où donner de la tête et de l’adoucisseur, blindent leurs plats de sucre pour flatter ce qu’on n’ose pas appeler papilles de ces pin-pins.

Dans les ghettos à touristes, pas besoin de manger de dessert.

Une des meilleures cuisines du monde est en train de devenir de plus en plus insipide ; édulcorée, sucrée et dégueulasse. Merci les pin-pins.

Quelle pitié !


– Mais parce qu’il ne sait pas que c’est une des meilleures cuisines du monde, le pin-pin a fait 12 000kilomètres pour manger comme chez lui. Oh ! T’as vu, y’a des hamburgers, des spaghettis, des pizzas, des french fried potatoes...


– Le pin-pin fait des wai (salut avec les mains jointes devant le visage) à tout bout de champ alors que c’est extrêmement codifié. En gros, on wai les personnes plus âgées, plus élevées hiérarchiquement ou socialement, les moines et les personnes qui nous ont waillés. On ne wai pas les plus jeunes, les manards, les loufiats et les enfants. On ne wai même pas pour remercier, sauf une personne plus agée.


– Le Pin-pin se met vite en colère dès qu’il n’est pas compris ou qu’il ne comprend pas. Je reconnais que ça m’est arrivé. Ainsi il perd la face et n’est plus crédible. Et perdre la face est ce qu’il y a de plus grave pour un Thaï. 


– Le Pin-pin n’hésite pas à faire perdre la face au Thaï. Et perdre la face est ce qu’il y a de plus grave pour un Thaï. Il ne dira rien et sourira même, mais du sourire jaune de celui qui a perdu la face. Il emmagasine. Et un jour la cocotte-minute explose. C’est ainsi qu’arrive un bon nombre de crimes en Thaïlande. Malheur à celui qui se trouve en face ce jour-là ! Et, par exemple, le ou la pin-pin qui claque la bise à une Thaïe en public la met mal à l’aise car elle lui fait perdre la face.


– Le pin-pin méprise les traditions thaïlandaises.

Il se fait faire des tatouages rituels alors que ceux-ci ont un caractère sacré. Ce sont ses tatouages souvent avec du texte sanskrit, dessinés et bénis normalement par des moines spécialistes, qui ont permis que la Thaïlande ne soit jamais colonisée. Ils rendaient les guerriers siamois invisibles aux ennemis. 

Il achète des statues de Bouddha pour décorer son appartement, peut-être même ses chiottes. Alors que pour les Thaïs ces statues sont sacrées.


– Le pin-pin ne se rends pas compte que beaucoup de choses sont différentes de son mode de vie et de sa culture. 

Ainsi, par exemple, en Thaïlande, le baiser, la bise, le bisou sont extrêmement tabous. Je connais des Thaïlandais, mariés depuis des lustres, qui n’ont jamais roulé une vraie pelle à leur femme. Ou, peut-être tellement c’est tabou, s’ils l’ont fait, ils n’osent pas l’avouer, en parler.

Mais le ou la pin-pin persiste à claquer la bise aux thaïes que soi-disant il aime bien. J’ai de nombreuses amies thaïes et je ne me serais jamais permis de leur faire la bise car je sais à quel point ça les mets mal à l’aise. Je n’ai jamais embrassé ma chérie en public. Et de nombreux couples pin-pins s’embrassent à bouche que veux-tu en public.

On appelle ça le respect.

Les Thaïs ne disent rien pour ne pas perdre la face mais n’en pensent pas moins.


– Les Thaïes, même si la prostitution est assez répandue dans certains quartiers ou villes, sont extrêmement pudiques. Elles se baignent tout habillées. Souvent lorsqu’elle couche avec un mec, même s’il l’a déjà vu nue, la Thaïe sera enveloppée d’une serviette jusqu’à ce que la lumière soit éteinte ou qu’elle soit couverte par un drap.

Ben, de nombreuses pin-pins se promènent en soutient gorge dans les villes balnéaires ou même à Bangkok (Kaho Sarn Road). Comme à Palavas-les-Flots. J’en ai même vue une déambuler seins nus sur la plage de mon petit village.

- Nein Miss. Nicht correct. Même les prostituées de Pattaya ne se promènent pas ainsi.

Les pin-pins exportent allègrement le manque de respect qui est de plus en plus courant en France 


– Le pin-pin s’agglutine aux autres pin-pins, si possible parlant la même langue qu’eux. Le 7/11, boutiques où la bière moins chère que dans un bar attire les pin-pins germains : Sur le coup de huit heures du soir, on se croirait à la kommandantur 


– Le pin-pin veut des animations et des visites. Sinon il se fait chier ?


– Le pin-pin ne manque pas de conseiller à d’autres pin-pins de venir dans le petit village calme, le coin perdu, le restaurant typique :’’ Venez nombreux, y’a personne c’est peinard’’ Ainsi l’endroit perdra rapidement de son authenticité. C’est ce qui est arrivé à une magnifique petite ville du centre VietNam, Hoi Han. Lorsque j’y suis allé il y a une quinzaine d’années, le VietNam ne s’était pas encore trop ouvert au tourisme et la ville était magnifique avec des maisons anciennes, quelques boutiques de tailleurs, quelques restaurants encore authentiques.

J’y suis retourné cet hiver : Désolation : Pizzerias, Restos hamburgers et une profusion de boutiques de pacotille, de bimbeloterie et de souvenirs made in China. J’en aurais pleuré. Il paraît que la sublime vieille ville d’Hanoï subit le même triste sort.


– Le pin-pin est content de trouver des boutiques de souvenirs, de verroterie, de pacotille, de bimbeloterie, d’artisanat bidon tout ça ‘’Made in China’’ bien sûr. Le pire est le pin-pin chinois qui vient à Paris acheter des souvenirs fabriqués chez lui. Dans le monde, les deux expressions les plus utilisées sont : ‘’Je t’aime’’ et ‘’made in China’’.


– Le pin-pin est supérieurs aux populations locales.


– Le Pin-pin est tellement supérieur que lorsqu’il y a un problème, il se garde bien d’obéir aux consignes de sécurité. Ainsi lors de l’épidémie du virus corona il sort plus que nécessaire et ne met pas de masque lorsqu’il va au 7/11, au Tesco-Lotus ou dans les boutiques alors que les Thaïs pensent que ça les protège. Moi j’en mets un sachant bien qu’il ne me protège pas, mais par respect des serveuses qui font l’effort d’en mettre un toute la journée et je ne suis pas dans mon pays.


– Le Pin-pin est tellement supérieur que lorsqu’il est en 14aine ou en 40taine pour cause de corona, il sort quand même. Grave je vous dit le pin-pin. Ça, c’était avant la quarantaine, condition obligatoire pour les farangs qui viennent en Thaïlande maintenant


A cause de toutes ces exactions, ces incivilités, de plus en plus de Thaïs mettent tous les farangs dans le même sac et passent allègrement du chauvinisme bon enfant au nationalisme assez exacerbé et à la xénophobie.


FerDex

Il se la coule douce au bord du Golfe du Siam.
— Il fait des voyages dans toute l’Asie ( Thaïlande, Laos, Cambodge, VietNam, Malaisie, Singapour, Philippines, Indonésie, Malaisie, Inde, Chine, Mongolie, Birmanie, etc.)
— Bref, il vit, peinard mais concerné !

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